Jacques Hennequin

Maquettiste de jardins

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Jacques Hennequin est un maquettiste insolite. Il ne fabrique pas des petits avions ou des petits bateaux au fond des bouteilles à la mer, mais des maquettes très sérieuses de jardins.

 

Des maquettes de jardin direz-vous ?

 

Le jardin est une une chambre verte, ne nous y trompons pas.  Son architecture répond en miroir au batiment qu’il accompagne. Que seraient Versailles sans son parc ou  Villandry sans ses parterres de légumes alignés dans des jardins à la Française ?

 

Villandry, parlons en. Tout a commencé voilà vingt ans dans les allées de ce jardin. C’est là qu’ après avoir effectué des repérages, consulté les archives, pris des photos et des mesures, trouvé les matériaux qu’il souhaitait utiliser, Jacques Hennequin construit en plusieurs mois, sa première maquette.

 

Il la photographie et l’adresse au  propriétaire des jardins du domaine, Henri Carvallo . La première commande est passée ! Une maquette de 4 mètres sur 4 qui va  reprendre le premier projet jugé trop petit.  Travail de titan où chaque détail va compter.

 

Jacques a une drôle de main verte, une main de Gulliver au service de jardins devenus liliputiens . La maquette n’est pas un jouet, mais un outil de travail pour les historiens. Elle fixe le jardin tel qu’il se présente aujourd’hui mais Jacques peut reconstituer des jardins disparus en consultant de précieuses archives.  C’est ce qu’il a fait pour les jardins du Trianon tels qu’ils se présentaient vers 1690 !

 

Il travaille également avec les paysagistes qui visualisent leur futurs travaux, réalise des maquettes pour des collectivités territoriales ou des jardins remarquables. Ses maquettes sont un outil précieux pour embrasser la structure d’un domaine, ou pour anticiper la réalisation d’ un futur travail de construction ou de réhabilitation d’un site.

 

Il faut avoir l’œil, la patience, et le goût des matériaux . Jacques Hennequin n’utilise que des matières écologiques et recyclables, les plus « naturelles »  possibles. C’est ce qui donne d’ailleurs un rendu vrai à son travail. De la laine, des lichens, du sable, des petits gravillons, du bois, du carton recyclé, et des peintures à l’eau..

 

Tout l’intéresse . Les jardins ouvriers d’Ivry, les hortillonnages  d’Amiens, les jardins de Vaux le Vicomte, ceux du château de la Ballue, de Versailles ou du parc populaire du Sausset, mais aussi, des jardins imaginaires qui poussent dans sa tête et sont de véritables créations artistiques qui font partie de son rêve .

 

Jacques  fixe avec art notre environnement végétal. Il en dresse un portrait tridimensionné en respectant les essences des arbres, le coloris des fleurs, les contours des parterres et les sinuosités des allées. En véritable historien d’un art nouveau,  il hante les librairies spécialisées et passe de longues heures à feuilleter livres et archives.  Car le jardin et son histoire en disent long sur la relation des sociétés et des hommes  à la nature.  

 

Auxiliaire précieux, il jardine à sa façon, en même temps que les jardiniers . Ses amis sont les  paysagistes, les historiens, les« hortillonneurs », les jardiniers des jardins ouvriers, les élagueurs, les papetiers, les photographes, les bouquinistes, et les libraires .

 

Ses jardins de papier, qui ne fanent jamais, sont à la fois des mines de renseignements et de véritables œuvres d’art dans lesquelles l’imagination se faufile entre deux bosquets. Son travail, apprécié jusqu’en Chine où il a été convié pour effectuer une maquette, est devenu aujourd’hui un art majeur.

 

Trianon en 1690

Villandry